Journée des Femmes: le changement c’est maintenant #Pressforchange


Le 8 mars 2018, l’heure est aux progrès, rappelle le hashtag #PressforProgress créé spécialement à l’occasion de cette nouvelle Journée internationale des femmes. Objectif : rappeler qu’en dépit de progrès importants, les discriminations à l’encontre des femmes sont toujours nombreuses et qu’il est désormais temps que progresse l’égalité des genres.

Des inégalités hommes-femmes omniprésentes

Comme le rappelle ONU Femmes dans « Traduire les promesses en actions : l’égalité de genre dans le Programme de développement durable à l’horizon 2030 », « les inégalités entre les sexes – qui sont profondément ancrées et répandues dans tous les pays – sont omniprésentes dans chacun des aspects du développement durable, sans exception. ». Et de citer des exemples, tous plus convaincants les uns que les autres :

  • En matière d’éducation, 34,3 millions de filles sont privées d’accès à l’école primaire contre 29,2 millions de garçons.
  • En matière de pauvreté, 330 millions de femmes vivent avec moins de 1,90 dollar US par jour, soit 4,4 millions de plus que les hommes.
  • En matière de santé, 303 000 femmes sont mortes de complications liées à l’accouchement en 2015. En matière d’égalité des genres, 750 millions de femmes et de filles sont mariées avant l’âge de 18 ans et au moins 200 millions de femmes et de filles dans 30 pays ont subi des mutilations génitales féminines.
  • En matière d’accès à l’emploi, la part des femmes les plus aptes à travailler (celles âgées de 25 à 54 ans) parmi la population active mondiale est de 63 %, par rapport à 94 % chez les hommes.

Ces inégalités, affirment ONU Femmes, sont de nature à menacer la réalisation même des 17 Objectifs de Développement Durable que se sont engagés à atteindre 195 chefs d’états d’ici à 2030. Pour changer durablement la situation et que progressent les droits des femmes, ONU Femmes recommande de recueillir davantage de données sur les femmes et d’accompagner les plus vulnérables d’entre elles pour que ces millions de femmes ne soient pas « left behind » (laissées de côté) sur le chemin du développement comme le souligne l’« Agenda 2030 ».

Des femmes migrantes, citoyennes de seconde zone

L’Inde, où Aide et Action intervient depuis 1981, compte près de 400 millions de migrants dits « internes », qui se déplacent plusieurs fois par an d’un État à un autre pour subvenir à leurs besoins. Les migrants indiens sont l’une des populations les plus vulnérables et les plus défavorisées du monde.  Plus de la moitié d’entre eux sont des femmes. Elles vivent, avec leurs maris et enfants, comme des citoyens de seconde zone, dans des bidonvilles, le plus souvent installés sur les sites de construction ou dans les usines à briques où travaillent les migrants. Elles ne mangent jamais à leur faim, travaillent plus de 12 heures par jour, n’ont accès à aucune forme de soin ni de sanitaire. Leurs charges sont doubles : en prime du travail forcé et physiquement éprouvant qu’elles réalisent chaque jour pour subvenir aux besoins de la famille, elles doivent assumer la totalité des tâches ménagères.

Au-delà des discriminations qu’elles subissent du fait de leur statut de migrante (non accès aux droits les plus basiques : identité et aides sociales, éducation, soins…), elles sont régulièrement, voire quotidiennement, victimes de violences physiques, sexuelles et psychologiques.

Pour qu’aucune femme ne soit plus « left behind »

Aux côtés des populations migrantes depuis plus de 10 ans, Aide et Action a déjà contribué à améliorer le quotidien de ces femmes, notamment en leur donnant accès aux soins sur les lieux mêmes où elles travaillent, en participant à la construction de logements décents, mais également en développant des écoles pour accueillir leurs plus jeunes enfants.  Au travers de clubs de mères et de filles créés par notre association, elles participent au développement holistique de leurs enfants et  trouvent un espace d’écoute et de dialogue où elles prennent progressivement conscience de leurs droits et de la nécessité de les revendiquer.

Pour les accompagner et renforcer leurs actions, Aide et Action lance aujourd’hui #MIGRANTWOMANWORKER. Une campagne d’un mois sur internet et les réseaux sociaux pour que progressent les droits des femmes migrantes, pour que cesse leur exploitation et pour que demain elles puissent devenir sujets de droit et actrices de leur destin.

La campagne Migrant woman worker, ©Aide et Action Asie du Sud

 

« Pooja, une jeune veuve avec un seul enfant, a migré du Bengal Occidental à Hyderabad  pour améliorer son quotidien en travaillant sur un site de construction. Son enfant âgé de 3 ans a été placé dans l’un des Centres d’accueil et de soins pour enfants migrants, développé par Aide et Action. Dès qu’elle en a le temps, elle se rend au Centre et y apprend à lire et écrire. Elle est devenue une source d’inspiration pour beaucoup de femmes. »

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