Education des filles dans les pays en crise : une priorité absolue

Publié dans Expertise,Plaidoyer

Quand une guerre éclate, qu’un pays est victime d’un tremblement de terre ou d’inondations, aller à l’école n’est clairement plus la priorité. Et cela semble plutôt logique, les besoins éducatifs des plus jeunes se plaçant bien loin derrière la nourriture, l’abri ou la santé. Reste que conflits ou catastrophes naturelles ne se règlent généralement pas en quelques semaines et que des millions de jeunes se retrouvent ainsi sans éducation. Privés de toute opportunité de construire un avenir, ils sont ainsi des générations entières sacrifiées.

Des situations de fragilité en hausse

Au cours des vingt dernières années, le nombre de conflits ou catastrophes naturelles dans le monde n’a eu de cesse de se multiplier, augmentant ainsi considérablement le nombre de pays dit en situation de fragilité ou de conflits. Dans ces pays, près de 75 millions de  jeunes sont ainsi privés d’éducation ou en passe de l’être en raison des crises ou catastrophes que traverse le pays. Dans ces contextes difficiles,  les filles, elles, ont 2,5 fois plus de chances d’être non scolarisées que les garçons.

Les filles, principales victimes

Les filles sont de fait les principales victimes du manque de scolarisation. Sans école, sans lieu sûr où se réfugier, elles sont immédiatement reléguées aux tâches ménagères ou à des travaux difficiles pour faire vivre la famille. Elles sont privées de soins et le plus souvent d’accès à la nourriture en quantité suffisante. Elles sont également une proie extrêmement facile pour des hommes malintentionnés : elles sont de fait souvent victimes de viols, d’attaques ou de kidnappings. Enfin, ces situations difficiles sont des périodes propices aux mariages et grossesses précoces, qui mettent le plus souvent définitivement un terme à toute possibilité de poursuivre leurs scolarités.

L’école, source de résilience

Dans ces situations difficiles, l’école, peu prioritaire en apparence, s’avère paradoxalement essentielle tant elle a valeur de refuge, elle devient alors un sanctuaire, une véritable source de résilience pour des jeunes gens le plus souvent traumatisés. L’école leur offre en effet un cadre et la possibilité de renouer au plus vite avec une vie normale. Ils sont pris en charge par des professionnels de l’éducation, parfois par des psychologues capables de les aider à surmonter leurs traumatismes.

Les enfants retrouvent également au sein de l’école un accès à la nourriture, aux soins et reçoivent l’attention dont ils ont besoin après plusieurs mois, années de souffrances. L’école, enfin, est source de réconfort pour des parents épuisés, inquiets pour leurs avenirs tant elle les soulage de la garde de leurs enfants et leur permet de se concentrer sur eux-mêmes et sur les tâches qu’ils ont à accomplir pour participer à la reconstruction de leurs pays.

Nos programmes d’éducation en situation de post-urgence

Restaurer au plus vite les écoles et systèmes éducatifs suite à des conflits ou à des catastrophes naturelles est donc bien une priorité. Aide et Action, qui est intervenue dans ses pays d’intervention dans des situations d’urgences et de post-urgence, l’a toujours constaté. En Haïti, par exemple, suite au tremblement de terre de janvier 2010 ou plus récemment au Népal, suite au séisme d’avril 2015. A chaque fois, l’association a apporté soutien (matériel de secours, eau, nourriture, abri temporaire) et a organisé au plus vite la construction de centres éducatifs temporaires pour accueillir enfants et adolescents.

Dans chacun des centres éducatifs d’urgence qu’elle déploie, Aide et Action forme des volontaires à la psychologie, à la protection et aux droits de l’enfant, mais également à l’égalité des genres, aux questions liées à l’hygiène sexuelle et reproductive et à l’importance de la scolarisation des filles. Ils sont aussi sensibilisés aux problèmes de développement social spécifiques comme le mariage précoce des filles et les préjugés négatifs sur l’instruction des filles, etc.

Une mobilisation d’ampleur pour l’éducation des filles

 Le développement de ces programmes d’éducation en situation de post-urgence est encore rare et difficile à mettre en place. Preuve en est, moins de 3% de l’aide humanitaire est aujourd’hui investi dans l’éducation. Dans une nouvelle analyse, l’UNESCO souligne certes que l’aide humanitaire a augmenté en 2017 pour la 4ème année de suite pour atteindre USD 450 millions. Néanmoins la part de l’aide à l’éducation dans l’aide humanitaire totale n’était que de 2.1% en 2017, soit bien en deçà des recommandations d’allouer 4% de l’aide humanitaire totale à l’éducation.

Pour changer les choses, et faire en sorte que l’éducation en situation de crise, notamment pour les filles, soit une priorité pour le monde, Aide et Action, aux côtés des autres membres de la Coalition Education, interpelle les dirigeants du G7 ( sommet du G7 les 8-9 juin 2018) pour prendre des mesures concrètes pour renforcer le droit à l’éducation de toutes les filles en situation de crise.

Au travers d’une pétition « TOUTES les filles ont droit à une éducation  », disponible sur change.org et d’une mobilisation sur Twitter, nous invitons l’ensemble des citoyens à se mobiliser pour que l’éducation des filles en situation de crise soit mise à l’agenda du G7et que des engagements politiques et financiers soient pris par les dirigeants. Tous ensemble, nous demandons notamment une déclaration politique sur l’éducation des filles en situation de crise lors du sommet et 1,3 milliard de dollars de ressources nouvelles et additionnelles sur trois ans.

> Signez la pétition pour faire en sorte que TOUTES les filles aient droit à l’éducation