Le Monde Afrique : Les écoles Bridge sur la sellette


Le Monde Afrique revient sur les écoles Bridge. Un modèle d’écoles privées nées dans les années 2010 ayant pour objectif « d’offrir un enseignement de haute qualité aux enfants dont la famille gagne moins de 2 dollars par jour et par personne ». Sur le papier, elles semblaient un remède miracle aux problèmes de l’éducation et du financement de l’éducation en Afrique. Et de fait, elles ont immédiatement attiré quelques uns des plus gros investisseurs de la planète comme le fondateur de Microsoft Bill Gates ou celui de Facebook Marc Zuckerberg.

Une solution miracle qui a perdu de son aura

La réalité des écoles Bridge, comme le souligne le quotidien français, est toutefois des plus décevantes, parfois même inquiétantes. D’un point de vue purement économique, le modèle ne tient pas la route puisqu’elles affichent aujourd’hui un déficit de 12 millions de dollars : « celles qui devaient recruter un minimum de 500 000 enfants pour être rentable, n’en comptent aujourd’hui que 80 000« .

Plus grave, l’enseignement « de haute qualité », qu’elle annonçait, laisse en réalité largement à désirer. Une investigation lancée en 2017 par le Parlement Britannique avait soulevé de nombreuses questions concernant la transparence de l’entreprise Bridge, ses relations avec les gouvernements, les conditions de travail de son personnel pédagogique et le respect qu’elle portait aux normes éducatives. A l’époque Aide et Action, aux côtés de 174 organisations avaient appelé les donateurs internationaux à cesser leurs financements des écoles Bridge. ( ci-contre l’i:age extraite de la campagne menée par la Coalition Education pour que cesse le financement par les donateurs internationaux des écoles Bridge.)

Les plus grandes organisations en proie au doute

Aujourd’hui les plus grandes organisations finissent par douter du bien-fondé de ce modèle éducatif. A commencer par l’Agence Française de Développement, liée indirectement aux écoles Bridge par l’une de ses filiales. « Des audits sont en cours. Je crois comprendre que les résultats sont quelque peu inquiétants mais nous en tirerons les enseignements », commente le Directeur Général de l’AFD Rémy Rioux dans les colonnes du Monde Afrique.