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OCDE : les écoles n’accompagnent pas suffisamment les jeunes d’origine étrangère


Un nouveau rapport de l’OCDE publié le 19 mars 2018 s’intéresse à la résilience des élèves d’origine étrangère au sein des écoles des pays de l’OCDE, soit à leurs capacités à réussir scolairement, socialement et émotionnellement dans des circonstances adverses. L’école est en effet le tout premier point d’entrée et de contact de ces jeunes d’origine étrangère avec les sociétés hôtes et s’avère de fait d’une importance capitale dans la construction de ces jeunes, de leurs bien-être et de leurs rapports au monde.

Des élèves d’origine étrangère qui ne maîtrisent pas les compétences requises

Le rapport révèle cependant que  les enfants d’origine étrangère sont deux fois plus susceptibles que les non étrangers de ne pas maîtriser les compétences requises en lecture, sciences et mathématiques.  En dépit d’une forte volonté de s’élever socialement et de réussir, ces jeunes n’ont pas encore le soutien nécessaire pour réussir pleinement leurs scolarités et leurs intégrations. Parmi les principaux obstacles : leur statut social défavorisé, la non ou mal maîtrise de la langue, la fréquentation d’établissements défavorisés, le harcèlement ou maltraitance de la part d’autres camarades…

L’école doit se renouveler pour mieux les accompagner

Le rapport appelle donc au développement d’initiatives pour mieux accompagner et soutenir ces jeunes d’origine étrangère. Andreas Schleicher, Directeur de la Direction de l’éducation et des compétences à l’OCDE, recommande le développement de cours de langue dès le plus jeune âge. « Si l’on ne parle pas la langue du pays où l’on habite, on ne peut pas apprendre à l’école, on ne peut pas se faire d’amis » explique-t-il avant d’ajouter : « Rien n’est figé dans le marbre et des initiatives doivent être développées pour s’améliorer », souligne Andreas Schleicher, « car ne pas intégrer correctement ces enfants aura un coût économique et social bien trop important ».

Des enseignants formés à la multiculturalité

La diversité sociale liée à l’augmentation des migrations internationales peut ainsi être une belle opportunité pour les systèmes éducatifs, elle peut amener les professeurs à repenser leurs approches pédagogiques et leur mode d’enseignements. « Les enseignants doivent être plus ouverts, ils doivent comprendre ce que cela veut dire de venir d’un autre pays, d’apprendre selon des méthodes différentes » explique Andreas Schleicher.

Les enseignants ont un rôle clef à jouer pour aider les jeunes d’origine étrangère à s’intégrer dans leurs classes et la société plus généralement. Ils doivent donc recevoir davantage de soutien et de formation pour faire face à des classes de plus en plus multiculturelles, pour faire face au harcèlement scolaire et surtout pour nouer des relations avec les parents d’origine étrangère. « Les parents étrangers doivent valoriser l’école. Des initiatives doivent donc être développées pour développer la relation école-famille et pour que les parents soient impliqués dans la vie scolaire de leurs enfants », conclut Andreas Schleicher.

 

> Une synthèse du rapport de l’OCDE « La résilience des élèves issus de l’immigration » est disponible ici

> Découvrez notre article « Scolariser les jeunes d’origine immigrée le plus vite possible est indispensable à leur intégration » sur notre Blog Mediapart