France : l’ascendeur social est en panne selon l’OCDE

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« Il faudrait six générations en France pour que les enfants nés dans une famille au bas de la répartition des revenus atteignent le niveau moyen, contre 5 dans l’OCDE en moyenne », note l’Observatoire Economique de la Coopération et du Développement dans une nouvelle étude publiée le 15 juin 2018.

Le document est sans appel : l’ascenseur social dans l’Hexagone est en panne. Les gens, nés de parents riches et éduqués, ont toutes les chances de le rester; les enfants issus de parents de milieu défavorisé, ont peu de chances d’évoluer socialement. L’immobilité en bas de l’échelle a même augmenté depuis les années 1990, souligne l’OCDE.

Devenir cadre pour 2/3 des enfants de cadres et pour 17% seulement des enfants d’ouvrier

Ainsi, 35% des hommes, dont le père a de faibles revenus, ont eux-mêmes de faibles revenus d’activités une fois adultes, soit plus que la moyenne de l’OCDE. 40% des personnes, dont le père a des hauts revenus, ont eux-mêmes des hauts revenus. Et l’école dans ce contexte n’a que peu d’impact sur la mobilité sociale : les enfants de cadres sont 2 fois plus susceptibles de devenir cadres que les enfants de travailleurs manuels. Et plus des deux tiers (68%) des enfants dont les parents sont diplômés du supérieur obtiennent un diplôme d’études supérieures en France.

L’école responsable du manque de mobilité sociale

La conclusion des experts de l’OCDE est sans appel. « Le système éducatif français joue certainement un rôle pour expliquer le manque de mobilité sociale en bas de l’échelle. La mobilité en matière d’éducation est loin de celle observée dans les pays les plus performants (Corée, Canada, Japon) et demeure inférieur à la moyenne OCDE. En dépit d’un accès généralisé à l’éducation de la petite enfance et de la gratuité du système éducation, les chances de réussite professionnelle des jeunes dépendent fortement du quartier dans lequel ils grandissent et du niveau de capital humain et social de leurs parents. » note l’OCDE.

Que préconise l’OCDE ?

La France affiche une mobilité relativement faible par rapport aux autres pays en termes de revenus du travail et en termes de catégorie socio-professionnelle. Ce manque de mobilité sociale risque donc de réduire le bien-être et de menacer la cohésion sociale sur plusieurs générations alertent les experts. Pour y remédier, les experts de l’OCDE préconisent de :

– réduire les écarts scolaires entre les enfants issus des milieux socio-économiques différents via un soutien sur mesure aux écoles accueillant des enfants issus de milieux défavorisés et une intensification de la lutte pour réduire le décrochage scolaire.

– Réduire le chômage longue-durée en apportant une aide plus efficace aux demandeurs d’emploi et en améliorant la formation professionnelle

– S’attaquer aux inégalités territoriales en cherchant à limiter la concentration géographique de la pauvreté et en promouvant la mixité sociale par des politiques de logement public mieux ciblés et par la rénovation urbaine.