Éducation : le nombre d’enfants exclus ne recule plus


En dépit de la promesse par plus de 195 chefs d’État d’atteindre l’éducation pour tous en 2030, la volonté affichée de plusieurs de faire de l’éducation une priorité du développement, le nombre d’enfants et d’adolescents non scolarisés stagne depuis plusieurs années, révèle de nouvelles statistiques publiées par l’UNESCO. Le nombre d’enfants exclus de l’éducation atteint 263 millions en 2016, soit près de 1/5ème de la population mondiale, contre 377,5 millions en 2000. (63 millions d’enfants en primaire + 61 millions au secondaire et 139 millions niveau lycée). La baisse enregistrée en 16 ans est donc remarquable mais celle-ci stagne depuis quelques années.

Sans un investissement important dans l’éducation, sans une volonté de collecter davantage de données fiables sur la situation de l’éducation dans le monde, il est fort à craindre que ce nombre continue de stagner voire n’augmente. “Nous avons besoin d’approches beaucoup plus globales et ciblées et de davantage de ressources pour atteindre les enfants et les jeunes aujourd’hui privés d’éducation, avec une attention particulière aux filles et à la qualité de l’éducation. C’est d’une urgence absolue pour progresser vers l’Objectif de Développement n°4″, a commenté Audrey Azoulay, Directrice de l’UNESCO.

D’importantes disparités régionales

La baisse enregistrée au niveau mondial masque d’importantes disparités régionales. L’Afrique du Sud, l’Asie du Sud et l’Asie de l’Est et du Sud-Est sont les principales régions où vivent les jeunes exclus de l’éducation. Sur les 63 millions d’enfants exclus de l’éducation à l’école primaire, 34 millions vivent en Afrique Subsaharienne. L’UNESCO révèle que les pays qui comptent le plus grand nombre d’enfants exclus de l’éducation sont aussi parmi les plus pauvres du monde. Dans les pays à faible revenu, le taux d’enfants exclus de l’éducation est proche de 20% ; il est de 3% seulement dans les pays riches.

Deux populations parmi les plus vulnérables

D’après les dernières statistiques, les adolescents et les filles sont aujourd’hui le plus à même d’être exclus de l’éducation.

  • Les enfants de niveau secondaire (lycée) sont 4 fois plus susceptibles d’être déscolarisés que les enfants en âge d’aller à l’école primaire et 2 fois plus susceptibles d’être déscolarisés que les adolescents au collège. Les forts taux de déscolarisation de cette tranche d’âge peuvent s’expliquer par l’impact de la pauvreté, par le fait que ces adolescents n’ont pour beaucoup pas été scolarisés dès le plus jeune âge et qu’ils préfèrent aujourd’hui obtenir un emploi pour améliorer les revenus familiaux qu’étudier.
  • Certes, jamais autant de filles ne sont allées à l’école dans le monde puisque le nombre de jeunes filles exclues de l’éducation a chuté. On compte désormais presque autant de jeunes filles exclues de l’éducation (131.7 millions) que de garçons (131.1 millions) mais ces statistiques au niveau mondial cachent de grandes disparités régionales. De surcroît, le nombre de petites filles exclues de l’éducation primaire reste largement supérieur au nombre de garçons. Ainsi en Afrique Subsaharienne, pour 100 garçons exclus de l’école primaire, il faut compter 123 filles exclues.

L’exclusion : cause majeure de la « crise des apprentissages »

L’Institut des Statistiques de l’UNESCO estime que ce grand nombre d’enfants et d’adolescents exclus de l’école est l’une des raisons principales de la « crise des apprentissages ». Plus de 617 millions d’enfants et d’adolescents, soit 6 sur 10,  n’ont pas le niveau minimum en lecture et en mathématiques. La plupart de ces enfants et de ceux exclus de l’éducation n’ont pas les compétences minimum habitent les pays les plus pauvres. Plus de 80% des 617 millions d’enfants et d’adolescents qui n’apprennent pas suffisamment viennent des pays à faible, voire moyen revenu, bien que ces pays n’abritent que 60% de la population globale en âge d’aller à l’école.