journée mondiale contre le travail des enfants Aide et action s'engage

Travail des enfants: si l’empêcher reste difficile, l’encadrer est absolument nécessaire

Publié dans Actualités,Éducation

150 millions d’enfants travaillent en 2018 dans le monde (L’Afrique est la région du monde où vivent le plus d’enfants travailleurs, suivie par l’Asie). Certains (le plus souvent des filles) assurent les tâches domestiques, d’autres aident leurs parents aux champs, d’autres encore travaillent dès leur plus jeune âge dans les usines ou sur les chantiers de construction. On estime aujourd’hui que près de 115 millions d’enfants exercent une activité dangereuse pour leur santé ou leur sécurité.

150 millions d’enfants au travail

Pour ces enfants, il n’y a ni jeux, ni plaisir de l’enfance. Plus grave encore, il n’y a ni accès aux soins, ni à l’éducation. Des droits pourtant protégés – en théorie du moins – par la Convention Universelle des Droits de l’enfant qui rappelle que « les États parties reconnaissent le droit de l’enfant d’être protégé contre l’exploitation économique et de n’être astreint à aucun travail comportant des risques ou susceptible de compromettre son éducation ou de nuire à sa santé ou à son développement physique, mental, spirituel, moral ou social ».  Un texte que plus de 196 États, soit la quasi-totalité, ont signé et se sont engagés à respecter.

Encadrer le travail des enfants 

Alors que faut-il faire ? Interdire le travail des enfants est inutile. Les familles qui mettent leurs enfants au travail ne le font pas par envie, mais par pure nécessité. Réduites à la pauvreté la plus extrême, elles n’ont d’autres solutions que de faire travailler chaque membre de la famille, le revenu global permettant à la famille de subvenir aux besoins quotidiens.  À l’origine du travail des enfants, on retrouve d’autres facteurs tels que les traditions sociales et culturelles, les migrations et situations d’urgence, le manque de contrôle et de sanction de la part des autorités publiques qui légifèrent pourtant contre le travail des mineurs mais laissent faire…

Rompre le cercle de la pauvreté et de l’ignorance

Pour lutter contre l’ensemble de ces facteurs, Aide et Action accompagne les familles les plus pauvres et crée les conditions favorables pour que les enfants, y compris quand ils travaillent, puissent aller à l’école, être nourris correctement et évoluer dans un environnement favorable aux apprentissages et au bon développement de l’enfant. Pour Aide et Action, seules ces conditions permettront à l’enfant de rompre le cercle vicieux de la pauvreté et de l’ignorance qui le conduirait inexorablement à reproduire sur ses propres enfants privation d’école et travail obligatoire dès le plus jeune âge.

Sensibiliser familles et entrepreneurs

Dans le cadre de tous ses projets, Aide et Action sensibilise donc aux dangers du travail des enfants. L’association informe, au travers de réunions ou de campagnes de sensibilisation, parents, autorités de la ville et entrepreneurs des injustices et dangers du travail infantile. En Inde où l’association intervient pour garantir et protéger les droits des populations migrantes, nous travaillons avec les propriétaires d’usines à brique et les chefs de chantier pour qu’ils s’engagent à ne pas employer d’enfants et qu’ils ouvrent là même où travaillent les parents des centres d’accueil et de prise en charge des enfants. Ces actions conduisent le plus souvent à réduire le nombre d’enfants au travail et permettent au plus grand nombre de retrouver une peu les joies de l’enfance.

Ouvrir des écoles et assurer le bien-être des enfants

Dans les États de l’Inde où Aide et Action intervient, de nombreux enfants sont contraints de suivre leurs parents dans leurs déplacements bi-annuels d’un État indien à un autre. Les adultes partent à la saison sèche travailler dans les usines ou chantier de construction pour gagner de quoi survivre avant de revenir dans leurs villages d’origine labourer les champs. Pour les enfants, le premier départ signifie le plus souvent la fin de la scolarité, ils passent alors leurs journées à errer là où travaillent déjà leurs parents pour une bouchée de pain. Il ne faut en général pas longtemps pour que les enfants, y compris les plus jeunes, soient eux aussi mis de force au travail.

Aide et Action a donc ouvert sur les chantiers de construction des centres éducatifs  où les plus jeunes enfants sont soignés, nourris et pris en charge scolairement par des professionnels de l’éducation. Pour les plus âgés, Aide et Action travaille avec les écoles publiques de la région pour qu’elles accueillent les enfants migrants, et s’occupe du recrutement et de la formation des enseignants qui prennent en charge ces enfants. L’association s’assure également que les écoles dans les villages d’origine soient informées du parcours scolaire des jeunes migrants afin de les reprendre à leur retour au village et de garantir ainsi une continuité éducative.

Soutenir les parents et accroître leurs revenus

La mise en place de ce système fut de toute première importance pour Sushil, un jeune garçon de 16 ans. Il y a deux ans, il a été contraint de suivre ses parents du district de Balangir à Bhubaneshwar pour travailler dans une usine à brique. À son arrivée, les équipes d’Aide et Action sont allées à la rencontre de ses parents et les ont convaincus de l’importance d’aller à l’école.

Sushil pris en photo dans le cadre du projet mis en place par Aide et Action en Inde

Le jeune garçon a rapidement intégré le programme mené par Aide et Action dans l’une des écoles publiques partenaires. L’an passé, avec son instituteur, Sushil a convaincu ses parents de le laisser repartir au village pour finir ses examens.  Il a ainsi obtenu un peu plus de la moyenne, soit une note excellente pour un enfant dont le parcours scolaire a été plus que difficile.

Parallèlement à l’ouverture  d’écoles et à l’accompagnement scolaire, Aide et Action favorise le développement d’activités génératrices de revenus pour les adultes. Celles-ci contribuent à renforcer la protection des droits de l’enfant. Au Laos, nos équipes aident ainsi les mères de famille à se lancer dans l’élevage de porcs ou le développement de petits commerces. Autant d’activités qui améliorent sensiblement les revenus des familles et prévient de fait l’exploitation des jeunes enfants.