Journée Mondiale contre la traite des humains (30/07) : succès pour « l’opération sourire » menée avec Aide et Action

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« Développer des écoles sur les lieux mêmes où travaillent les populations migrantes étaient la meilleure manière d’apporter l’éducation à ces enfants marginalisés et de lutter contre le travail forcé dans les usines à brique du pays » a déclaré Mahesh Bhagwat, le Chef de la police de Rachkonda- située à 70 km d’Hyderabad dans l’Etat du Telangana-  à l’occasion de la Journée Mondiale contre la traite des humains, célébrée le 30 juillet 2018. Il a ainsi salué les efforts menés par Aide et Action depuis plusieurs mois en Inde dans le cadre de l’Opération Sourire (« Operation Smile »).

Objectif : sauver des enfants exploités

A l’origine de cette opération, la police de l’état du Telangana. Son objectif : identifier et mettre en sécurité les enfants des familles migrantes, forcés de suivre leurs parents d’état en état et victimes le plus souvent de maltraitance, travail forcé et trafic. Au total, près de 10 millions de personnes migrent en Inde de manière saisonnière pour trouver des emplois durant la saison sèche. Sans terre, ni ressources, elles tombent souvent aux mains d’hommes sans vergogne qui contre de l’argent les exploitent et les privent de liberté. On estime que près de la moitié des migrants indiens sont des enfants. Particulièrement prisés pour leurs petites mains et leur habilité à fabriquer des briques, ils sont exploités plusieurs heures par jour, sans soin, ni nourriture. Leur premier déplacement inter-état correspond le plus souvent au premier abandon scolaire et marque généralement pour eux la fin de toute éducation.

Et garantir leur droit à l’éducation

Afin de les protéger et de garantir leur accès à l’éducation, la police du Telangana a fait appel à Aide et Action, qui intervient depuis plus de 10 ans auprès des populations migrantes, pour assurer leur scolarité. L’association est ainsi partie à la rencontre des propriétaires de chantiers de construction ou d’usines à brique afin qu’ils acceptent l’ouverture sur leurs chantiers de centres d’accueil et de prise en charge pour les enfants.

Un accord tripartite entre le gouvernement, Aide et Action et le secteur privé

Convaincre les propriétaires d’usine à brique ne fut pas difficile dès lors que le syndicat des propriétaires d’usine à brique s’est porté volontaire pour soutenir l’opération. Aide et Action a ainsi incité les propriétaires à s’investir dans l’éducation des enfants, de manière à limiter le travail forcé et l’exploitation des plus jeunes. L’opération fut un succès, puisque les propriétaires ont fourni uniformes, matériels scolaires et moyens de transport et sont allés jusqu’à donner de l’argent pour chaque enfant scolarisé. L’argent a notamment servi à rétribuer les enseignants.

Recruter des enseignants pour un apprentissage en langue locale

«  Sauver les enfants était un premier défi, le deuxième était de les éduquer dans leurs langues car les enfants des familles migrantes venues de l’état d’Orisha parlent une langue autre que celle enseignée dans les écoles publiques du Telangana. » explique Sureh Gutta, Responsable Régionale chez Aide et Action. « Nous avons donc sélectionné et formé de jeunes volontaires de l’Etat d’Orisha afin qu’ils viennent durant 6 mois dans l’Etat du Telangana enseigner aux enfants migrants dans leurs langue natale. Au terme de la période de migration, les enseignants volontaires repartent avec les familles dans leurs villages d’origine et s’assurent que les enfants retrouvent bien le chemin de l’éducation une fois rentrés au village. Au total, nous avons près de 20 enseignants qui nous aident ainsi chaque année ».

En 2016 « l’opération Sourire » a permis de sauver 400 enfants, 700 en 2017 et en 2018, plus de 5 00 enfants ont déjà été sauvé du travail forcé et de l’exploitation.  65 d’entre eux ont déjà rejoint les écoles développées par Aide et Action et ses partenaires.