Aide publique au développement : les effets d’annonce et les jolis sourires sur la photo ne suffisent plus

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« En matière d’aide publique au développement, les beaux effets d’annonce et les jolis sourires sur la photo ne suffisent plus. Emmanuel Macron a promis que la France atteindrait 0.55% du PIB d’ici à 2022 : C’est un engagement en deçà des 0.7% du PIB pour lesquels la France s’est engagée auprès des Nations Unies, mais en plus, le projet de loi de finances 2018, récemment voté par les députés, ne prévoit que 100 millions d’euros d’augmentation du budget de l’APD pour l’an prochain, contre les 1.2 milliards espérés pour respecter la promesse d’Emmanuel Macron », insiste Charles-Emmanuel Ballanger, Directeur Aide et Action France invité de l’émission 7 milliards de voisins diffusée chaque vendredi sur RFI.

Comment parvenir à l’éducation pour tous ?

Invité aux côtés de Léa Rambaud de la  Coalition Education et de Nihan Blanchy-Koseleci, chargée de recherche au GEM de l’UNESCO, Charles Emmanuel Ballanger était interviewé sur la chaîne de radio internationale sur la situation de l’éducation dans le monde et la capacité à atteindre d’ici à 2030 l’objectif de développement durable d’une éducation pour tous.

« Des progrès ont sans aucun doute été faits dans la scolarisation universelle mais il y a une sorte de désespoir car il reste encore beaucoup trop de gens exclus. », poursuit Nihan Blanchy-Koseleci. Aujourd’hui 264 millions d’enfants sont encore exclus de l’éducation, dont 61 millions d’enfants pour l’école primaire. La faute à qui ? interroge Emmanuelle Bastide, journaliste sur RFI. Même si en matière d’éducation la responsabilité de tous les acteurs (enseignants, élèves, parents, société civile, organisations internationales, média…) est engagée, la faiblesse de l’aide au développement, notamment la part allouée à l’éducation, porte évidemment une part de responsabilité.

Rendez-vous en février prochain

« La Conférence du Partenariat Mondial pour l’Education en février prochain sera l’occasion de transformer les discours en engagements financiers tangibles », poursuit Léa Rambaud de la Coalition Education. « Nous demandons à Emmanuel Macron de verser au PME 250 millions d’euros sur la période 2018-2020 pour lui permettre de répondre à ces objectifs. »

Le Partenariat Mondial pour l’Education est l’un des bailleurs de fonds les plus importants de l’éducation de base dans les pays à faible revenu. Il mobilise des fonds auprès de grands pays donateurs et de sources privées du monde entier. Parallèlement, il encourage les pays en développement dans lesquels il intervient à dédier une part suffisante du PIB à l’éducation de base.

Pour faire face à la crise, le  PME a besoin  de financements accrus pour 2018-2020 avec pour objectif d’atteindre USD 2 milliards par an d’ici 2020. Ce montant permettra au partenariat d’améliorer les résultats scolaires et l’équité pour 870 millions d’enfants vivant dans 89 pays. En acceptant de co-président la Conférence de financement du PME, Emmanuel Macron s’est engagé à frapper à la porte des plus grands pays donateurs pour les inciter à donner tangiblement pour l’éducation dans le monde. Et en la matière, la France n’aura d’autre choix que de montrer l’exemple.