Les représentants de la société civile rassemblés àLyon autour des enjeux d'éducation dans la perspective du G7 France

La société civile, réunie à Lyon pour que le G7 France donne la priorité à l’éducation


Le G7 France, qui se tiendra les 24-26 août à Biarritz, aura pour axe de travail l’éducation dans le monde, a annoncé le gouvernement français. Reste que pour être crédible, le gouvernement français devra montrer l’exemple et s’engager concrètement et financièrement pour l’éducation. En tant que membre de la société civile, Aide et Action sera d’une extrême vigilance.

La France a choisi de faire de l’éducation dans le monde l’un des axes prioritaires du G7 dont elle assume cette année la présidence.  « Nous continuerons à mobiliser des financements internationaux en faveur d’une éducation universelle et de qualité, y compris pour l’accès des filles à l’école et pour la formation des enseignants. » a ainsi annoncé Jean-Yves le Drian, ministre de l’Europe et des Affaires Étrangères lors de son discours à la communauté diplomatique à Biarritz le 18 décembre dernier. L’éducation sera donc une priorité affichée par le gouvernement français tout au long des nombreux événements préparatoires (réunions de ministres, d’experts et de représentants des chefs d’État chargés de  préparer les accords finaux du G7) qui ponctueront l’année 2019.

La vigilance est de mise

Aide et Action s’en réjouit mais tient à rester vigilante afin d’obtenir au-delà des promesses, des actes concrets pour l’éducation dans le monde. Emmanuel Macron a certes annoncé que l’éducation pour tous était une priorité depuis le début de son quinquennat, allant jusqu’à verser 200 millions d’euros au Partenariat Mondial pour l’Éducation. Reste que pour être un acteur crédible dans le monde de l’éducation, la France devra largement amplifier son action. Or pour l’heure, l’aide à l’éducation de base de la France souffre d’une mauvaise répartition géographique et sectorielle en ne ciblant ni l’éducation de base ni les pays qui en ont le plus besoin notamment les pays du Sahel, pourtant identifiés comme prioritaires par la France (voir l’Observatoire de l’Aide française à l’éducation dans les pays en développement publié par la Coalition Éducation).

La société civile en ordre de bataille

Afin d’obtenir des avancées concrètes tant de la France que des 6 autres pays, la société civile internationale est plus que jamais mobilisée. Les 4 et 5 février dernier, une trentaine de représentants de la société civile internationale, parmi lesquels Aide et Action, se sont donc retrouvés à Lyon pour travailler sur leurs recommandations et pour rencontrer les représentants des chefs de gouvernement des États membres du G7. Les participants ont abordé les enjeux de redevabilité, d’égalité de genre, de climat, de santé, de sécurité alimentaire, de paix et sécurité et d’inégalités, et bien sûr d’éducation.

Nos revendications pour l’éducation

Lors de cette rencontre à Lyon, les membres de la société civile éducation, parmi lesquels Aide et Action, ont formulé les recommandations suivantes :

  • L’éducation doit être reconnue comme un droit humain, mais aussi un levier pour remédier à toutes les inégalités; 
  • Il faut rendre compte des progrès accomplis dans la réalisation de l’ODD 4 et s’assurer que l’engagement mondial de « ne laisser personne de côté » soit un principe directeur de toutes les politiques éducatives internationales ;
  • Les États doivent s’engager à affecter 15% de leur APD totale et au moins 4% de leur aide humanitaire à l’éducation, en mettant la priorité sur l’apprentissage de qualité tout au long de la vie, et la promotion de l’égalité de genre, dès la petite enfance, dans les pays les moins avancés. Ils doivent également allouer au moins 30% de l’APD éducation aux fonds multilatéraux tels que le PME et Education Cannot Wait ;
  • La société civile Éducation a également insisté sur un suivi des engagements suite aux déclarations du G7 2018 au Canada, visant à atteindre l’égalité de genre à travers une éducation de qualité pour les filles, les adolescentes et les femmes dans les pays en développement, en publiant un rapport de suivi transparent et indépendant sur les progrès réalisés.

Pour plus d’infos : L’intégralité des recommandations est disponible sur le site de la Coalition Éducation