Rentrée 2017: à quoi faut-il s’attendre?


Non, il n’a pas détricoté ce qui avait été fait avant son arrivée, comme Jean-Michel Blanquer l’a répété au cours des multiples interviews qu’il a données cet été. Mais enfin, le nouveau Ministre de l’Education nationale a bel et bien changé la donne depuis son arrivée  rue de Grenelle. Pas de grande modification mais une multitude de petites réformes qui font que l’école française aura bel et bien un nouveau visage dès ce  lundi 4 septembre.

Un objectif en tête

Le Ministre de l’Education nationale l’a suffisamment répété depuis sa nomination. Le mot d’ordre de cette rentrée 2017 est « confiance ». C’est elle que le ministre souhaite restaurer, entre les parents et l’institution, entre les parents et les enseignants et entre les élèves et les enseignants. Un défi qui n’est pas des moindre quand l’on voit aujourd’hui le désamour des Français pour l’éducation nationale. (Une étude révèle en effet qu’1 famille française sur 2, déçue par la qualité de l’enseignement public, se dit prête à partir dans le privé). Pour atteindre cet objectif, les réformes annoncées sont nombreuses.

Mais un peu de confusion ?

La plus fameuse : l’assouplissement des rythmes scolaires qui permettra dès cette rentrée aux communes qui le souhaitent de mettre en place la semaine de 4 ou 4,5 jours. Un tiers des communes a opté pour le retour à la semaine de 4 jours. Un minimum de confusion est à prévoir, notamment pour les parents et les enfants qui auront du mal à se réhabituer à l’ancien rythme qui était pourtant la norme il y a  deux ans tout juste.

Priorité à la jeunesse

Au-delà de ce changement organisationnel, la priorité est clairement donnée à la jeunesse.  Preuve en est : le ministère de la jeunesse longtemps acoquinée avec le ministère des Sports est placé depuis mai dernier sous la tutelle de l’Education nationale. Education et jeunesse ne forment donc plus qu’un. Il faut noter qu’il s’agit là d’un réel changement de perspective pour la France, qui était jusqu’à présent, parmi les pays de l’OCDE, celui qui dépensait le moins pour le primaire. Jean-Michel Blanquer en est convaincu, et les études scientifiques internationales sur l’éducation lui donnent raison : la prise en charge des plus jeunes enfants est déterminante dans la réussite des individus mais aussi dans la lutte contre les inégalités économiques et sociales qui aujourd’hui grèvent la société française.

L’école maternelle doit donc devenir un lieu d’apprentissage du vocabulaire pour l’ensemble des enfants. Les enseignants voués à travailler dans ce secteur verront leurs formatons s’enrichir.  Quant au primaire, l’accent est mis sur le CP et progressivement sur les CE1 afin que ces deux niveaux permettent à tous les enfants d’apprendre les fondamentaux en lecture, écriture et mathématiques. Dès la rentrée 2017, les CP en zone prioritaire + seront dédoublés pour atteindre le nombre de 12 élèves par classe maximum. Les enseignants qui accepteront de travailler en zone prioritaire devaient se voir offrir une prime de 3000 euros nets, et ce afin d’attirer les professeurs les plus expérimentés, pour que les enfants, qui sont le plus susceptibles d’avoir des difficultés, soient le mieux accompagnés. Mais l’attribution de la prime est repoussée… elle sera accordée au cours du quinquennat. Forcément, son coût (estimé à 200 millions d’euros) a semble-t-il été mal digéré.

« Devoirs faits » à l’école dès octobre

« Ce que je veux c’est tirer l’école vers le haut. Chaque enfant a son excellence et ses faiblesses et l’école doit savoir prendre en charge les deux. Il est important qu’un enfant ne s’ennuie pas à l’école, qu’il soit toujours stimulé et en même temps qu’on l’aide à dépasser ses faiblesses ».

C’est l’une des dimensions que Jean-Michel Blanquer espère atteindre avec l’opération « devoirs faits » . Celle-ci sera opérationnelle dès octobre prochain : les élèves volontaires au collège pourront faire leurs devoirs au sein de l’établissement sous la surveillance d’enseignants volontaires payés en heures supplémentaires, d’assistants d’éducation, de jeunes issus du service civique ou d’associations qui seront labellisés. Le projet sera ensuite étendu à l’école primaire.

Ouvert aux innovations

D’autres projets sont déjà sur la table, notamment la réforme du baccalauréat. Une concertation sera lancée dès l’automne pour une mise en application dès juin 2021. Le nouveau chef de l’éducation nationale valorise également les projets éducatifs innovants, il met en avant une volonté d’indépendance des établissements et une plus grande autonomie des chefs d’établissements. Reste à espérer que les belles ambitions du ministre s’accorderont avec la réalité du terrain et les conditions de vie et attentes d’enseignants, déjà très essoufflés par plusieurs années de réformes et contre-réformes.