Europe : 1 jeune sur 5 n’a pas le niveau minimum en maths, lecture et sciences


Côté économie, les états membres de l’Union Européenne ont le vent en poupe : la croissance augmente et l’employabilité est en hausse. Côté éducation par contre, l’heure n’est pas aux réjouissances. Selon le tout dernier rapport de suivi de l’éducation et de la formation, les États membres de l’Union Européenne continuent de s’éloigner de l’objectif de réduction du nombre d’élèves en difficulté scolaire en lecture, en mathématiques et en sciences en dessous de 15%. Les résultats se sont même détériorés par rapport à la dernière enquête de 2012 : le pourcentage d’élèves ayant une maîtrise insuffisante des sciences a augmenté de 16,6% en 2012 à 20,6% en 2015; pour la lecture, cette proportion a augmenté de 17,8% en 2012 à 19,7% en 2015 et en mathématiques, elle a aussi légèrement augmenté de 22,1% en 2012 à 22,2% en 2015.

Les systèmes éducatifs européens perpétuent les inégalités.

Le rapport de suivi de l’éducation et de la formation confirme par ailleurs que les jeunes issus d’un milieu social défavorisé sont moins susceptibles de réussir leurs études. Près d’un tiers des élèves issus des milieux socio-économiques les plus défavorisés obtiennent des résultats médiocres, contre seulement 7,6 % de leurs camarades les plus privilégiés.

Le rapport met en évidence qu’un jeune possédant uniquement un niveau d’étude de base a trois fois plus de risques de tomber dans la pauvreté qu’un diplômé de l’enseignement supérieur. Le taux de chômage est aussi nettement plus élevé pour les citoyens ayant seulement achevé l’enseignement fondamental que pour les diplômés de l’enseignement supérieur (16,6 % et 5,1 % respectivement). Enfin, les jeunes issus de l’immigration courent davantage de risque d’obtenir de mauvais résultats à l’école et de quitter celle-ci prématurément. En 2016, pas moins de 33,9 % des personnes âgées de 30 à 34 ans vivant dans l’UE mais nées dans un pays tiers étaient peu qualifiées, contre seulement 14,8 % pour leurs homologues nés dans un pays de l’UE.

Une menace pour la cohésion sociale

« Nos systèmes éducatifs ne parviennent pas à répondre aux attentes les plus fondamentales, ce qui met sérieusement en péril notre compétitivité et notre prospérité. Plus important encore, cette situation compromet gravement la cohésion sociale de l’Europe. Comment pourrions-nous enseigner des compétences numériques dans nos écoles et faire de nos universités des moteurs de l’innovation au niveau mondial si un élève sur cinq ne sait pas lire ni écrire? Comment pouvons-nous rêver d’excellence et de compétitivité dans un monde globalisé si, chaque année, des millions d’étudiants quittent l’enseignement obligatoire sans un minimum de connaissance des sciences ? Et pouvons-nous affirmer que l’éducation permet la mobilité sociale si des milliers d’élèves voient leur destin scellé à un âge précoce et que leur manque de compétences de base leur ferme définitivement les portes du marché de l’emploi et de la société ? » écrit Tibor Navracsics Commissaire européen chargé de l’Éducation, de la Culture, de la Jeunesse et du Sport dans une tribune publiée sur le Huffington Post (« La lutte contre les inégalités commence par l’éducation, c’est le défi que doit relever l’Europe »)

Investir dans l’éducation doit être une priorité pour l’UE

Tibor Navracsics incite donc les États européens à faire de l’éducation leur priorité absolue car « les faibles niveaux de compétences de base sont le talon d’Achille de l’Europe dans le domaine de l’éducation ». « Je les encourage donc à continuer à réformer leurs systèmes d’enseignement, à investir dans ces derniers et à les rendre plus efficaces. »

Près de 10 ans après la crise financière, le rapport montre que les investissements dans l’enseignement ont retrouvé leur niveau d’avant et ont même légèrement progressé : près de deux tiers des États membres ont enregistré une hausse. Quatre pays seulement ont accru leurs investissements de plus de 5 %.

Consulter le rapport de suivi de l’éducation et de la formation publié par la Commission Européenne