La France co-organisera la conférence du PME / Aide et Action salue un acte historique mais reste vigilante

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« J’appelle la communauté internationale à se joindre à nous en février 2018 à Dakar pour la Conférence de financement du Partenariat mondial pour l’éducation, que la France co-présidera avec le Sénégal, »  Emmanuel Macron, le 20.09.2017

Aide et Action salue la décision d’Emmanuel Macron de co-organiser, avec le Sénégal, la conférence de financement du Partenariat Mondial pour l’Education (PME). Le Président de la République Française a en effet annoncé le 20.09.2017 au cours de la conférence Financing the Future : Education 2030, organisée en marge de la 72ème Assemblée Générale des Nations Unies, que la conférence du PME se déroulerait à Dakar en février 2018. Une excellente nouvelle pour toutes celles et ceux qui se mobilisent au quotidien pour l’éducation pour tous.

Une rupture

Depuis 2015, date d’adoption des Objectifs du Développement Durable dont l’atteinte était fixée pour 2030, l’accès de tous à l’éducation était perçu comme « un fil d’or », un élément fondateur et transverse, dont la réalisation permettrait de réaliser bon nombre d’objectifs de développement durable comme l’éradication de la famine, de la maladie ou encore de la pauvreté. Pour autant, les discours se sont multipliés sans aucun geste d’envergure, notamment financiers, permettant concrètement de faire de l’éducation pour tous une cause prioritaire. La Conférence de financement du PME, que la France et le Sénégal ont souhaité parrainer l’an prochain, cherchera à mobiliser 3,1 milliards de dollars (pour la période 2018 – 2020) pour soutenir l’éducation de 870 millions d’enfants dans 89 pays en développement.  L’heure ne sera plus au débat d’idées mais aux engagements concrets.

Un tournant pour l’éducation dans le monde

Au-delà de l’acte symbolique, (la conférence se tiendra à Dakar, lieu même où s’était déroulé en février 2000 le Forum de Dakar, qui avait permis de formuler et d’adopter les 15 Objectifs de Développement du Millénaire, parmi lesquels l’éducation pour tous), la décision de la France et du Sénégal d’organiser conjointement la conférence est donc un geste décisif qui donne enfin à la cause de l’éducation pour tous la visibilité et l’importance qu’elle mérite.

Dans les mois à venir, l’éducation, jusque là parent pauvre du développement (on se souvient que l’aide internationale allouée à l’éducation n’a eu de cesse de baisser depuis 2010), sera placée sous les projecteurs : a quoi ressemble-t-elle aujourd’hui, qui en est encore privé, pour quelles raisons, comment lever ces freins qui empêchent encore des millions d’enfants d’aller à l’école, comment financer l’accès de tous à l’éducation…. Toutes ces questions seront dans les prochains mois l’objet de discussions approfondies qui mobiliseront les leaders internationaux, les experts de l’éducation mais aussi, nous l’espérons, le grand public qui sera par cette mise en lumière davantage sensibilisé à l’éducation pour tous.

Une alliance historique

L’annonce de cette co-conférence par un pays développé et par  un pays en voie de développement est une alliance historique. Pour la première fois dans l’histoire du monde, un pays donateur et un pays en développement s’uniront  pour faire progresser l’éducation dans le monde. Comment ne pas voir dans cette mobilisation de la France et du Sénégal un appel aux autres nations, pauvres et riches, à dépasser leurs ambitions nationales, à unir leurs forces politiques et financières dans le but d’offrir à tout un chacun l’accès à 12 années d’éducation gratuites ?

Mais la vigilance est de mise

Cet appel sera-t-il entendu ?  Nous l’espérons et nous y serons vigilants. Des mesures concrètes doivent suivre les effets d’annonce. Car, l’éducation est une urgence, (au même titre que la maladie ou la faim dans le monde): 61 millions d’enfants dans le monde, dont une majorité de filles, ne vont pas à l’école, 250 millions de jeunes sortent de l’école sans savoir lire, ni écrie, ni compter et d’ici à 2030, si rien ne change, 825 millions de jeunes arriveront sur le marché du travail sans les compétences adéquates.

 

La Conférence de financement du Partenariat Mondiale pour l’Education aura lieu le 8 février 2018 à Dakar, Sénégal. Elle rassemblera les bailleurs et pays en développement partenaires, le secteur privé, les fondations philanthropiques, la société civile et les organisations internationales pour annoncer leurs engagements en soutien à l’éducation dans les pays en développement.