Santé : l’éducation, c’est le meilleur vaccin

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Une nouvelle étude scientifique démontre que l’éducation est le plus souvent un bien meilleur vaccin pour prévenir les maladies que le traitement médical lui-même.

Eviter le paludisme grâce à l’éducation

Un enfant en Afrique meurt toutes les 2 minutes du paludisme. La recherche médicale se poursuit pour prévenir la maladie qui touche particulièrement les jeunes enfants, mais à l’heure actuelle, le vaccin n’est pas la réponse adéquate puisqu’il n’est efficace qu’à hauteur de 30%.

La revue Pathogens and Global Health dévoile les résultats d’une nouvelle étude portant sur les conditions sanitaires en République du Congo de 647 familles avec enfants âgées de 2 mois à 5 ans. Les scientifiques ont analysé les lieux de vie des familles, leurs conditions économiques, l’usage de moustiquaires et leurs antécédents médicaux. Les scientifiques ont également pris en compte le niveau de l’éducation des mères. Et ce n’est pas un hasard. La prévalence du virus chez les enfants de mères non éduquées est de 30%, contre 17% chez les enfants de mères ayant suivi un enseignement primaire et de seulement 15% chez celles qui ont poursuivi leurs études au-delà du primaire. Soit une réduction de plus de 50% du risque. Preuve que l’éducation des mères a un impact non négligeable sur la santé des enfants.

La mère, un élément-clé de transmission des bonnes mesures d’hygiène

En bref, plus une mère est éduquée, plus son enfant est susceptible d’échapper au paludisme. Cette nouvelle étude confirme ce qui a d’ores et déjà souvent été mis en évidence : un enfant dont la mère sait lire a 50% de chance de survivre au-delà de 5 ans (Unesco). Une mère éduquée sait en effet davantage de choses sur la transmission du sida, sur les mesures à prendre durant sa grossesse, sur la nécessité de recevoir des soins et d’être pris en charge par une équipe médicale. Elle saura également mieux s’occuper de son enfant, lui préparer une nourriture saine, le laver régulièrement, lui donner des médicaments… L’éducation des filles est donc une priorité pour parvenir à diminuer, voir éradiquer la mortalité infantile qui reste encore particulièrement élevée dans les pays en voie de développement. On rappelle qu’aujourd’hui plus de 6 millions d’enfants (Observatoire des Inégalités, Chiffres 2015,) dans le monde meurent avant 5 ans de maladie qui pourraient être évitées : pneumonie, diarrhées, malnutrition…

Réduire cette mortalité infantile ne passe donc pas forcément par de meilleurs soins. Cela passe davantage par des mesures pratiques et concrètes apprises le plus souvent dès l’école maternelle : règles d’hygiène, utilisation des moustiquaires, installation de point d’eau potable ou le fait de la faire bouillir avant de la consommer. Autant de messages que les équipes d’Aide et Action développent et diffusent dans le cadre de leurs projets pour améliorer la qualité de l’éducation et l’environnement scolaire des enfants.