Éducation : l’UNESCO appelle les gouvernements à investir et à rendre des comptes


Le nouveau rapport de l’UNESCO rappelle que l’éducation pour tous est une responsabilité partagée mais que c’est aux gouvernements qu’incombe la responsabilité de faire respecter et appliquer le droit à l’éducation. Et en la matière, ils doivent rendre des comptes, insistent les experts de l’UNESCO.

« 264 milllions d’enfants sont aujourd’hui privés d’école. 617 millions, d’après les derniers chiffres de l’UNESCO, n’ont pas les compétences minimum en lecture et écriture. Nous devons faire face à une véritable crise des apprentissages. Et pour y faire face, nous devons comprendre que l’éducation pour tous est l’affaire de tous. C’est une responsabilité partagée »,  déclare Irina Bokova en ce 1er novembre 2017, jour de lancement du rapport de suivi de l’éducation 2017-2018 à l’UNESCO. « Chacun a un rôle à jouer pour faire de l’éducation une priorité nationale et mondiale : les élèves, les enseignants, la société civile, les médias, les institutions internationales mais aussi les gouvernements. C’est à eux qu’incombe la responsabilité de faire appliquer et respecter le droit à l’éducation et de nous en rendre compte ».

Les gouvernements doivent investir dans l’éducation

Le rapport, « Rendre des comptes en matière d’éducation : tenir nos engagements », est bien un message lancé par les experts de l’UNESCO aux nombreux gouvernements qui leur ont confié la mission d’évaluer les progrès de l’éducation pour tous d’ici à 2030. Si les pays souhaitent atteindre l’éducation pour tous d’ici à 13 ans, il importe d’identifier les défaillances du système, les responsabilités engagées et les solutions pour résoudre les problèmes. Dans ce contexte, « rendre des comptes », est essentiel.

Une série de recommandations

Les experts rappellent évidemment aux gouvernements de bien dédier au minimum 4% du PIB à l’ éducation et aux pays donateurs leur engagement à verser 0.7% de leur PIB à l’aide au développement. Ceci fait, ils incitent les gouvernements à mettre en place, entre autres, un plan Éducation avec des lignes claires et des responsabilités partagées, à établir et renforcer des règlements et normes en matière d’éducation de qualité et à veiller de près à ce qu’elles soient respectées. Pour ce faire, l’Unesco appelle les gouvernements à mettre en place un suivi de leurs actions et à publier régulièrement des rapports accessibles à tous. À l’heure actuelle, seul 1 pays sur 6 seulement publie chaque année de tels rapports.

Mais avec quels moyens ?

Les gouvernements doivent également favoriser un climat de confiance entre toutes les parties prenantes, mettre en place les moyens de lutter contre la corruption, favoriser l’esprit critique et faciliter le rôle vigie des médias. Autant de mesures qui pour certains pays sembleront difficiles à mettre en œuvre. « Ce rapport est excellent , il pointe parfaitement l’ensemble des problèmes. Mais les recommandations ne sont pas opérationnelles. Elles restent très théoriques et ne peuvent être mises en application dans nos pays », explique le Ministre de l’éducation nationale tunisien Hatem Ben Salem.

Éducation en crises : apprentissage et financière

Avant de poursuivre « Le rapport dit « les gouvernement doivent faire ci ou ça, mais est-ce que les pays le peuvent ? La Tunisie, par exemple, a massivement investi dans l’éducation (plus de 25% de son budget au cours des dernières années), mais aujourd’hui nous avons de grosses difficultés pour faire le plus basique, c’est-à-dire faire que le droit à l’éducation pour tous soit simplement respecté. Beaucoup de pays font face à une crise économique énorme qui met en péril l’enseignement public de qualité alors rendre des comptes cela est encore plus difficile. Les pays donateurs se sont engagés à donner 0.7% de leur PIB aux pays en développement mais l’ont-ils seulement fait ? Beaucoup de pays en développement n’ont tout simplement pas les moyens financiers et humains de faire appliquer et respecter le droit à une éducation de qualité pour tous. ».