Éducation : nous sommes tous responsables !


Faire en sorte que tous les pays offrent 12 années d’éducation gratuite à tous les enfants d’ici à 2030. Tel est l’objectif que se sont fixés plus de 190 chefs d’État réunis à New York en 2015. Autant dire que l’objectif est loin d’être atteint puisqu’un nouveau rapport de l’UNESCO, Rendre des comptes en matière d’éducation : tenir nos engagements, révèle aujourd’hui que moins de 2 pays sur 10 à l’échelle mondiale sont en mesure de garantir ces 12 années d’éducation gratuites. À cela s’ajoutent les quelques 264 millions d’enfants qui sont actuellement privés d’éducation et les quelques 100 millions qui ne savent pas lire.

En matière d’éducation, les engagements ne sont pas tenus

Face à un tel échec, inutile de pointer les enseignants pour leurs faibles résultats et leur absentéisme, affirme l’UNESCO. Ils ne sont pas les seuls et uniques responsables. « L’éducation est une responsabilité partagée entre tous : gouvernements, écoles, enseignants, parents et acteurs privés », explique Irina Bokova, Directrice générale de l’UNESCO, en préface de ce nouvel opus. Et c’est au gouvernement qu’incombe la responsabilité de garantir une éducation universelle et de qualité, martèle le rapport.

Tous responsables

Pour parvenir à l’objectif d’une éducation de qualité gratuite pour tous, il importe que toutes les parties prenantes soient en mesure de rendre des comptes. Or, aujourd’hui, note l’UNESCO, seul un gouvernement sur six publie des rapports annuels de suivi sur l’Éducation. Résultat : la corruption demeure, les mécanismes de contrôles sont faibles, et rares sont les pays à disposer de normes en matière d’éducation. Dans de nombreux pays, les écoles fleurissent sans agrément de l’État, des étudiants quittent des écoles avec des diplômes non reconnus et des écoles privées recrutent des enseignants non qualifiés et opèrent dans des infrastructures inadaptées.

Face à de telles défaillances, l’UNESCO rappelle que nous avons tous un rôle à jouer : les pouvoirs publics nationaux bien sûr, les pays donateurs, qui ne respectent pas leurs engagements d’aide au développement (l’aide allouée à l’éducation diminue depuis six ans.) et les citoyens eux-mêmes, qui ont un rôle essentiel à jouer pour faire en sorte que les gouvernements respectent leur droit à l’éducation.

Recommandations de l’UNESCO pour une éducation universelle de qualité

Le rapport appelle les gouvernements à :

  1. Définir les mécanismes de responsabilité des écoles et des enseignants et éviter les mécanismes punitifs, en particulier ceux basés sur des mesures de performance à courte vue.
  2. Permettre la participation démocratique, respecter la liberté des médias dans leur traitement de l’éducation et mettre en place des institutions indépendantes pour traiter les plaintes.
  3. Élaborer des règles réalistes et efficaces assorties de sanctions pour tous les établissements d’enseignement, publics et privés, afin de garantir la non-discrimination et la qualité de l’éducation.
  4. Rendre le droit à l’éducation juridiquement contraignant, ce qui n’est pas le cas dans 45% des pays.