Éducation pour tous : les pays doivent tenir leurs promesses, à commencer par la France

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La Semaine mondiale d’action de la Campagne Mondiale pour l’Éducation commence ce dimanche 23 avril, au moment même où les Français se rendent aux urnes pour le premier tour de l’élection présidentielle. Hasard des calendriers. Mais l’événement tombe à point nommé pour rappeler aux candidats à la présidentielle l’importance de l’éducation et la nécessité absolue pour la France de tenir ses engagements en matière d’aide publique au développement.

En septembre 2016, plus de 190 pays, parmi lesquels la France, s’engageait entre autres choses, à offrir  d’ici à 2030, douze années d’éducation gratuites pour toutes et tous.  Un engagement de taille qui, pour être atteint, demande la mobilisation politique et financière  de tous les états.  Or, si les gouvernements se sont mis d’accord sur l’objectif, il n’en est pas tout à fait de même pour les moyens. Le financement de l’éducation reste trop insuffisant pour atteindre l’objectif fixé, notamment en raison de la priorité insuffisante accordée à l’éducation dans les ressources nationales et du manque d’intérêt de la part des donateurs et de la communauté internationale.

La Semaine mondiale d’action de la Campagne Mondiale pour l’Éducation, qui se tient cette année du 23 avril au 29 avril, offre donc à tous les défenseurs de l’éducation l’occasion de rappeler aux états et gouvernements leurs engagements et devoirs en la matière.

La Campagne Mondiale pour l’Education, à l’origine de cette semaine internationale de mobilisation et de sensibilisation, appelle donc les gouvernements à prendre les mesures suivantes :

  • Élaborer, financer et mettre en œuvre des plans crédibles pour réaliser l’ensemble complet des objectifs de l’Objectif de Développement Durable de l’éducation (ODD 4)
  • Renforcer les systèmes publics et les capacités de l’État pour garantir un enseignement gratuit, de qualité et équitable
  • Assurer l’existence de mécanismes crédibles et transparents pour la participation de la société civile aux processus de surveillance et de responsabilisation à l’égard de l’agenda de l’ODD 4

En France, cette semaine d’action pour l’éducation prend une résonance toute particulière alors que se tient le premier tour de l’élection présidentielle. Si le système éducatif dans l’Hexagone a bien été un sujet important des débats présidentiels, l’éducation sur le plan international n’a elle pas été ou peu été abordée par les candidats. Un fait d’autant plus regrettable que l’aide de la France allouée au développement et à l’éducation est en baisse depuis plusieurs années. L’éducation est pourtant un enjeu de taille alors que 263 millions d’enfants sont toujours privés d’école. Elle est d’autant plus qu’elle est aujourd’hui reconnue comme le moyen essentiel pour atteindre les Objectifs de Développement Durable, à savoir l’éradication de la pauvreté, de la faim, des maladies et la création d’une société durable.

Aide et Action profite donc de cette Semaine d’action mondiale pour la Campagne Mondiale pour l’Education pour rappeler au futur Président/à la future Présidente l’impérieuse nécessité de tenir les engagements pris par notre pays au cours des années passées. Comme tous les pays donateurs, la France est appelée à :

  • augmenter son Aide Publique au Développement (pour atteindre la cible mondiale de 0,7 % du PNB, contre 0.38% actuellement),
  • à dédier environ 15% de son Aide Publique au Développement à l’éducation,
  • à réserver au moins 30 % de son aide à l’éducation à des initiatives multilatérales (telles que le Partenariat Mondial pour l’Education ou le fond international «  l’Éducation ne peut pas attendre »).

Dans un manifeste du 23 mars 2017, « 10/10 à la Présidentielle », Aide et Action appelait déjà les candidats à l’élection présidentielle à faire de l’augmentation de l’aide publique au développement l’une de leurs priorités.