Aide au développement : l’Assemblée Nationale vote un budget maigre


Les députés ont voté vendredi 10 novembre un budget 2018 de l’aide publique au développement en baisse. Celui-ci s’élèvera à 2,7 milliards d’euros, soit une hausse apparente de 100 millions d’euros par rapport à l’année actuelle. Sauf que le budget 2017 pour l’aide au développement avait été coupé de 136 millions d’euros durant l’été par le nouveau gouvernement.

Messieurs les députés, on ne vous dit pas merci

Les députés ont donc choisi de ne pas suivre les demandes répétées des organisations internationales pour une aide au développement à la hauteur des ambitions françaises et des enjeux mondiaux. Ils n’ont pas non plus entendu les nombreux arguments de certains députés parmi lesquels Hubert-J. Lafferière, Rapporteur sur l’aide publique au développement et Sylvain Waserman, Vice Président de l’Assemblée Nationale, qui avaient tout deux pris position pour une augmentation substantielle de l’aide publique au développement.

Une aide publique au développement en baisse depuis 1998

La part du budget allouée par la France à l’aide publique au développement est en baisse depuis 1998. En 2016, alors que les crises et urgences internationales se multiplient de tous côtés, elle atteint à peine 0.38% du PIB, loin du 0.7% auquel la France et d’autres grands pays se sont engagés. En l’état actuel, la hausse prévue dans le cadre du budget 2018 ne permettra pas de tenir les engagements d’Emmanuel Macron de relever la part de l’aide au développement à 0.5% du PIB en 2022.

Au Sénat de relever le tir

Pour Coordination Sud, coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale, « la balle est à présent dans le camp du Sénat ». L’organisation demande en effet aux sénatrices et sénateurs qui doivent désormais discuter le projet de loi de finances 2018 de renforcer la Taxe sur les Transactions Financières et d’accroître le taux d’affectation de celle-ci à la solidarité internationale et à la lutte contre les changements climatiques. Lancée sous Sarkozy, la Taxe sur les Transactions Financières (TTF) rapporte aujourd’hui 1 milliard d’euros, or la moitié seulement est allouée à l’aide publique au développement.