Budget 2018 : Aucune avancée pour la solidarité internationale


Aucune avancée significative pour la solidarité internationale n’est sortie des discussions des député-e-s en première séance sur le budget 2018 et ce malgré les incohérences des orientations du gouvernement en la matière.

Aide au Développement en baisse : « une vraie déception pour les ONG »

« Pour les ONG de solidarité internationale c’est une déception », selon Philippe Jahshan, président de Coordination SUD. La mission budgétaire « aide publique au développement » déjà amputée de 729 millions d’euros entre 2011 et 2017, a subi une coupe supplémentaire de 136 millions d’euros dans l’exécution du budget 2017 actée par le ministère de l’Action et des Comptes publics cet été.

« L’exécutif, malgré les beaux discours et les annonces, n’a, pour le moment, fait aucun geste, une posture à mille lieues du discours volontariste du président Macron », conclut Philippe Jahshan.

Pourtant, il y avait des solutions

Pourtant les solutions pour relever l’ambition de notre politique de développement sont bien connues : augmenter les crédits budgétaires de l’aide publique au développement et accroître les revenus supplémentaires issus de la taxe sur les transactions financières (TTF) pour la solidarité internationale et les changements climatiques.

« La balle était donc dans le camp des député-e-s pour trouver des sommes supplémentaires allouées à la solidarité internationale et le climat via la TTF. Ils ne l’ont pas saisie alors que la part de la richesse nationale de la France allouée à l’APD est passée de 0,5 % en 2010 à 0,38 % actuellement », regrette Claire Fehrenbach, administratrice de Coordination SUD et directrice générale d’Oxfam France.

Députés et Sénateurs peuvent encore changer la donne

Prochaine étape : l’examen des crédits de la mission APD sera une nouvelle occasion pour les député-e-s de faire pression sur le gouvernement et l’inciter à revoir sa copie, puis viendra le tour du Sénat.

Coordination SUD appelle l’ensemble des parlementaires à se ressaisir et garantir une TTF ambitieuse pour la solidarité internationale et la lutte contre les changements climatiques en affectant la totalité des revenus de cette taxe à la solidarité internationale (contre la moitié seulement actuellement). Une TTF à même de consacrer au minimum 700 millions d’euros supplémentaire pour les pays les plus pauvres dès 2018. Coordination SUD demande également aux parlementaires d’augmenter les recettes de cette taxe en élevant son taux de 0,3 % à 0,5 % pour l’aligner sur le taux de la taxe britannique, ce en maintenant la taxation des opérations intra-journalières, très spéculatives et nocives pour l’économie réelle, dès janvier 2018.