La France à la traîne en matière d’aide à l’éducation


« Il existe un élan mondial grandissant pour atteindre l’éducation pour tous. Le Partenariat Mondial pour l’Education a un plan ambitieux pour réaliser cet objectif. Pour mettre en œuvre ce plan, nous avons demandé aux bailleurs d’augmenter de façon significative leur soutien financier. Je suis ravie que la Commission européenne ait répondu à notre demande

C’est ainsi que Julia Gillard, Présidente du Conseil d’administration du PME, a salué l’annonce de l’Union Européenne de soutenir le seul fonds multilatéral intégralement dédié à l’appui aux politiques d’éducation dans les pays en développement à hauteur de  350 millions d’euros pour la période 2018-2020, soit 100 millions d’euros de plus que prévu. Un élan dont la France semble s’exclure volontairement. En effet, comme le souligne le quotidien Le Monde, l’Hexagone, en dépit de promesses répétées, manque à ses engagements les plus basiques en matière de solidarité internationale.

« Une priorité absolue » mais un manque d’engagement

Certes Emmanuel Macron a,  à plusieurs reprises, réitéré sa volonté de porter l’Aide Publique au Développement (APD) de la France à hauteur de 0.55% du PIB d’ici à 2022, reste que la France ne semble pas pour l’heure avoir emprunté le chemin budgétaire qui l’y mènera. « Le budget alloué à l’APD en 2017 a été raboté de 140 millions d’euros par rapport au budget initial voté pour la dernière année du quinquennat de François Hollande. Et le projet de loi de finances 2018 n’inscrit qu’une modeste hausse de 100 millions d’euros. Ces chiffres sont bien loin des efforts qu’il faudra fournir pour atteindre l’objectif de 0,55 % du PIB en 2022. Avec une aide au développement de 9,4 milliards d’euros en 2017, soit environ 0,38 % du PIB, il faudra mobiliser 6 milliards d’euros supplémentaires au cours du quinquennat. », souligne le quotidien Le Monde.  Même son de cloche pour l’éducation. Affirmée priorité absolue du partenariat France – Afrique le 28 novembre dernier lors d’une visite à Ouagadougou, l’éducation reste pourtant le parent pauvre de l’aide au développement de la France. Elle figure parmi « les mauvais élèves du classement des pays donateurs avec une aide à l’éducation de base en baisse et dont les principaux pays bénéficiaires ne sont pas les pays où les besoins sont les plus urgents », rapporte la Coalition Education.

Reste à espérer que la France qui co-présidera la Conférence de Refinancement du Partenariat Mondial pour l’Education en février prochain se montrera cette fois à la hauteur de ses engagements. La Coalition Education, dont Aide et Action est membre, demande à Emmanuel Macron de verser 252 millions d’euros au PME. En 2016, la France n’avait accordé que 8,4 millions de dollars au PME. Rien en 2015.