Aide et Action : l’éducation est sous-financée

Publié dans Plaidoyer

 « Les questions de la migration, la problématique de la sécurité, entre autres, font que de nos jours, les pays européens et certains partenaires vont s’éloigner de la scolarisation de nos enfantsL’Agence française de développement (AFD) désormais ne donne que huit millions d’euro pour financer les ONG qui viennent en appui à nos pays », explique Moctar Diallo, Directeur Aide et Action Guinée lors d’une conférence de presse organisée le 19 octobre en Guinée pour dénoncer le sous-financement du secteur éducatif dans le monde et plus particulièrement en Guinée.

L’état guinéen seul ne peut pas relever seul le défi de l’éducation pour tous

 Le directeur Aide et Action en Guinée a donc dénoncé le manque d’intérêt de la communauté internationale pour le secteur de l’éducation et regretté les baisses d’investissement des grands bailleurs internationaux. Il a toutefois souligné le rôle prépondérant  de l’état guinéen dans le financement de l’éducation : le budget alloué à l’éducation est en effet passé de 12% en 2013 à 15,8 % en 2017,,  soit 3.8% du PIB,  mais cela reste insuffisant pour faire face aux nombreux défis que doit relever le système éducatif guinéen.

Le secteur privé à la rescousse

Il y a urgence aujourd’hui à financer le secteur de l’éducation en Guinée car  22 enfants sur 100 ne vont pas à l’école. En zone rurale, ce chiffre dépasse 40. Environ un tiers des filles ne vont pas à l’école. D’ici à 2030 ce sont des millions de jeunes qui risquent d’arriver sur le marché du travail sans les qualifications nécessaires pour trouver un emploi.

Devant un tel sous-financement de l’éducation, Moctar Diallo appelle donc le secteur privé à investir massivement dans l’éducation publique. Pour faciliter cet investissement, Aide et Action en Guinée compte développer une stratégie pour permettre aux entreprises privées qui acceptent de donner des ressources pour le financement des actions de développement sociale comme l’éducation de bénéficier de déductions fiscales.

L’éducation est une urgence

Pour rappel, Aide et Action a lancé en 2017 une campagne internationale pour dénoncer le manque d’investissement en éducation dans le monde. A l’heure actuelle 263 millions d’enfants sont privés d’éducation, plus de 825 millions risquent d’arriver sur le marché du travail en 2030 sans les qualifications de base. On estime aujourd’hui qu’il manque 39 milliards de dollar par an pour parvenir à l’objectif d’une éducation pour tous en 2030, comme s’y sont engagés plus de 190 chefs d’état en 2015. Or la part de l’aide au développement internationale allouée à l’éducation n’a eu de cesse de baisser depuis 2010.

 

 

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