Sénégal : priorité à l’éducation de qualité, notamment pour les filles


Le Sénégal s’est depuis plusieurs années démarqué sur la scène internationale par sa volonté de consacrer une part importante de ses dépenses publiques, en moyenne plus de 20%, à l’éducation. Soit à titre de comparaison deux fois plus que la France. Ce qui représente pour un pays en développement, confronté à de nombreuses autres priorités (économie, défense, santé….), un acte politique courageux et ambitieux.

Un pays qui fait de l’éducation une priorité

Mais lors de la Conférence du PME qui s’est achevée à Dakar le 2 février, le pays est allé encore plus loin. Il a, non seulement, annoncé qu’il consacrerait désormais 25,48% de son budget à l’éducation mais il a surtout marqué les esprits en étant le seul pays en développement bénéficiaire du PME à contribuer, au même titre que les pays donateurs, à hauteur de 2 millions d’euros à l’éducation dans le monde. Le Sénégal, qui avait accepté de co-présider l’événement aux côtés de la France, a ainsi tenu un rôle de leader, portant haut et fort les valeurs de l’éducation pour tous.

Le défi de l’éducation de qualité à relever

Toutefois, si le Sénégal est bel et bien champion en termes de ressources injectées dans le système éducatif, il lui reste cependant un défi de taille à relever : celui de la qualité de l’éducation. Car avec une moyenne de seulement 30 à 40% de réussite aux examens nationaux, force est de constater que la majeure partie des enfants allant à l’école n’apprend pas grand-chose sur les bancs de l’école. Les raisons expliquant cette mauvaise qualité de l’éducation ne manquent pas : absence de moyens au sein des écoles, surcharge d’enfants dans les classes, manque d’établissements du secondaire, mais également pénurie d’enseignants et notamment d’enseignants qualifiés. Le pays compte par ailleurs toujours plus de 1.5 millions d’enfants non-scolarisés. Enfin, l’éducation des filles, ré-affirmée lors de la Conférence du Partenariat Mondial comme une priorité absolue, connaît encore des difficultés majeures.

Les filles encore particulièrement exclues de l’éducation

Selon le Fonds des Nations unies pour l’enfance, 40% des filles sénégalaises de sept à douze ans n’ont pas accès à une éducation de base, et celles qui sont inscrites dans des écoles arrêtent généralement leurs études avant le secondaire. En cause : le poids des traditions, qui impose l’idée qu’une fille est davantage une future mère au foyer qu’un grand médecin…..  Preuve en est, les rares jeunes filles qui continuent leurs études n’osent généralement pas encore entreprendre des études scientifiques. C’est l’une des conclusions d’Aide et Action qui opère aujourd’hui un programme d’éducation des filles dans la région de Sédhiou.

La société civile à pied d’oeuvre pour soutenir les filles

Si, en moyenne,  à l’échelon national, 4 filles sur 10 font le choix d’étudier les mathématiques ou la physique, ce taux chute à 19.7% dans la région de Sédhiou. Notre ONG, en partenariat avec le Centre académique d’orientation scolaire et professionnelle, a donc décidé d’organiser des « fora » dans les trois principaux départements de la région. L’objectif : organiser des rencontres pour aller échanger avec les jeunes filles et leur faire découvrir toutes les opportunités liées à l’apprentissage des disciplines et filières scientifiques à l’origine des innovations technologiques. Pour le directeur du centre académique d’orientation scolaire et professionnelle, cette sensibilisation est extrêmement importante pour que germe la graine des sciences dans les différents départements de la région.