« Le projet A Light For Africa est vraiment magique »


Laure Debreuil, professionnelle de l’audiovisuel, est partie sur le terrain pour Aide et Action afin de réaliser un film sur le projet d’électrification d’écoles A Light For Africa (ALFA), actuellement développé dans 8 pays d’Afrique de l’Ouest. C’est au Bénin qu’elle a pu rencontrer nos équipes et des bénéficiaires du projet.

  • Comment s’est déroulé votre voyage ?

Je me suis rendue dans deux écoles primaires au Bénin. Elles étaient respectivement situées dans des villages proches de Porto-Novo, la capitale, mais très isolées. Elles font partie des 27 écoles identifiées par le gouvernement comme étant en grande difficulté, ce qui signifie que moins de 50 % de leurs élèves sont reçus au certificat d’études. Sur place, j’ai pu rencontrer tous les représentants des communautés : les directeurs d’écoles, les parents d’élèves, les enseignants et l’inspecteur académique. Et bien sûr, l’équipe d’Aide et Action.

  • Pouvez-vous nous dire ce que représente le projet ALFA ?

Le projet ALFA s’inscrit dans un certain contexte. Au Bénin, dans les zones rurales, seulement 20 % d’une classe d’âge arrive jusqu’au baccalauréat. La plupart des jeunes ne vont pas régulièrement à l’école car ils se voient confier des tâches ménagères par leurs parents qui sont eux-mêmes illettrés. Pour lutter contre ça, Aide et Action offre une restructuration pédagogique complète sur le plan scolaire, mais aussi au niveau de l’hygiène, de l’environnement ou de la nutrition. Le projet ALFA vient donc couronner un projet global en permettant aux enfants de faire leurs devoirs le soir, en proposant des cours de soutien aux élèves en difficulté et en facilitant correction des copies et préparation des cours pour les instituteurs. L’amélioration des résultats scolaires est spectaculaire: en 2 ans le taux de réussite au certificat d’études primaires dépasse les 90% dans les écoles électrifiées.

  • Comment ça se déroule concrètement sur le terrain ?

Un camion arrive un matin avec les panneaux solaires. Les techniciens les installent sur le toit de l’école, s’occupent du câblage, installent les batteries, les interrupteurs etc. Et voilà ! Ça se fait en une journée. C’est vraiment magique. Les ouvriers étaient à peine partis que les enfants commençaient déjà à jouer à allumer et éteindre la lumière dans les salles de classe. En plus de l’électricité, le projet fournit aux écoles un ordinateur, des ventilateurs et des lampes solaires mises à disposition des enfants qui habitent loin de l’école et qui ont besoin de s’éclairer pour faire leurs devoirs une fois rentrés chez eux.

  • Quelles sont les réactions des populations locales ?

Les bénéficiaires du projet sont très contents. Les écoles concernées se situent non loin des villes où l’électricité est disponible. Les villageois se sentent parfois les oubliés du progrès. L’électricité solaire en zone rurale rétablit l’égalité des chances. Ils sont tous très reconnaissants.

  • Pensez-vous que ce projet va avoir des conséquences durables ?

Oui je suis vraiment séduite par ALFA car l’objectif est de déclencher un effet d’entraînement. En démontrant aux pouvoirs publics les effets bénéfiques que peut provoquer l’électrification d’une école, Aide et Action espère les convaincre d’investir dans ce domaine. Un pan très important du projet réside aussi dans le fait que les femmes peuvent bénéficier de cours d’alphabétisation, désormais possibles le soir. Elles sont incroyablement motivées, se rendent en classe 3 fois par semaine et forment des coopératives pour générer leurs propres revenus. Elles sont ainsi capables de mieux prendre soin de leurs enfants et ça engendre un véritable cercle vertueux !

Pour découvrir le projet en images, rendez-vous sur eclairer.aide-et-action.org