Pauvreté : un péril pour l’école et le pacte républicain


Des enfants qui viennent à l’école sans chaussure, tombent en hypoglycémie car ils n’ont pas à manger ou dorment sur leurs tables car ils n’ont pas de lits à  eux… Le tableau peint ce lundi 27 novembre par Libération sur le poids grandissant de la pauvreté au sein des écoles françaises fait tout simplement froid dans le dos. Les témoignages d’enseignants ou de directeurs d’école confrontés au dénuement le plus total de jeunes enfants donnent à voir la misère la plus profonde, celle que l’on se refuse encore trop souvent de voir en France.

1 enfant sur 10 vit dans une très grande pauvreté

« Dans notre pays, sixième puissance économique. 20% des enfants vivent dans la pauvreté et 10% dans une très grande pauvreté » insiste Jean-Paul Delahaye, ancien conseiller du ministre Vincent Peillon et auteur du rapport « Grande pauvreté et réussite scolaire ». « En France, des enfants sont sous-alimentés. Des cas de maigreur sont détectés par les médecins scolaires. Des enfants vivent dans des logements insalubres, mettant en péril leur santé » poursuit-il. Parmi ces enfants, victimes de la pauvreté, rares sont ceux qui parviennent à apprendre et à retenir… « Quand on n’a pas d’endroits où dormir et qu’on arrive à l’école exténué, on ne peut pas apprendre en classe. Les enfants qui y parviennent un peu désapprennent aussi vite. Ils ne peuvent pas fixer les apprentissages », confie une directrice d’école de Bobigny  au journal Libération

La France est le pays de l’OCDE où le poids des inégalités est le plus grand

Les histoires et expériences d’enseignants, collectées par le quotidien, montrent l’exemplarité et la solidarité dont sont capables les équipes enseignantes mobilisées au quotidien pour accompagner leurs élèves. Mais sur le long terme, leur dévouement- épuisant pour certains enseignants, confrontés à l’absence de moyens face à une misère grandissante – ne suffira pas pour atténuer les répercussions de cette pauvreté extrême sur la jeunesse de demain.

Il n’y pas de fatalité

Pour Jean-Paul Delahaye, « il n’y a aucune fatalité » et des mesures sont à prendre pour réduire le poids des inégalités, à commencer par l’augmentation des bourses et des fonds sociaux (des fonds mis à disposition des établissements scolaires pour venir en aide aux enfants en difficulté). Il y a urgence à agir, souligne le sociologue, car comment ces enfants, privés de droits aujourd’hui, seront-ils à même d’accepter leurs devoirs de citoyen demain ? « C’est un péril pour notre pacte républicain« , lance Jean-Paul Delahaye.