11 octobre / Journée du droit des filles : le nombre de filles exclues de l’éducation en hausse pour la première fois


Hasard des dates s’il en est : à l’heure où l’on célèbre la Journée internationale de la fille, Malala Yousafzai, mondialement connue pour avoir, au péril de sa vie, tenu tête aux talibans et milité pour le droit à l’éducation, fait aujourd’hui sa rentrée à l’université d’Oxford, l’une des plus prestigieuses du monde. Á elle seule, elle incarne le pouvoir de transformation que procure l’accès à une éducation de qualité.

Accéder à l’éducation pour les filles est la clef du changement

Mais cet accès, aussi bénéfique soit-il, et les études qui le démontrent se comptent aujourd’hui par milliers, reste aujourd’hui extrêmement limité pour un très grand nombre de jeunes filles. Un nouveau classement de l’ONG One révèle aujourd’hui que le nombre de jeunes filles exclues de l’éducation est passé de 130.3 millions à 130.9 millions dans 122 pays. En majeure partie, en raison de la pauvreté, des conflits mais également des traditions qui veulent que la place d’une fille soit encore et toujours à la maison. Ainsi les 10 pays où les jeunes filles sont le moins éduquées sont également les pays les plus pauvres du monde (9 sont en Afrique), à savoir le Soudan du Sud, la République Centrale d’Afrique ou encore le Niger, où près de 76% des filles ne sont pas scolarisées.

Crise mondiale : 130 millions de jeunes filles privées d’éducation

Cette non-éducation n’est pourtant pas sans conséquence sur le développement d’une nation (un femme éduquée contribue au développement économique et politique d’un pays), sur la protection du monde (une femme éduquée et leader est davantage à même de mettre en place des politiques de développement durable qu’un homme), sur le bien-être des générations à venir (une femme éduquée est à même de prendre soin de ses enfants et de favoriser leur éducation), mais également sur leur propre développement et bien être. On estime aujourd’hui qu’une jeune fille non éduquée est 6 fois plus exposée aux mariages et aux grossesses précoces.

Une fille mariée c’est une bouche en moins à nourrir

En cas de sécheresse, catastrophes naturelles, ou d’accroissement de la pauvreté au sein de la famille, les jeunes filles sont les premières à être retirées de l’école et à être mariées car leur dote est souvent perçue comme un moyen de subsistance et une manière de soulager la pauvreté de la famille. En Afrique Subsaharienne et en Asie du Sud et de l’Ouest,  1 fille sur 8 est ainsi mariée précocement et 1 sur 7 donne naissance à un enfant dès l’âge de 17 ans. Ces chiffres peuvent encore tomber plus bas : en Inde par exemple où Aide et Action intervient, 4 filles indiennes sur 10 arrêtent l’école avant la cinquième année et 55 % sont mariées avant l’âge légal.

« L’école n’est souvent qu’un lointain souvenir pour les adolescentes. La famille ayant à peine de quoi vivre, elles sont mises au travail. Sur les chantiers de construction ou dans les usines, elles portent sur la tête jusqu’à 1000 briques par jour ou cassent du charbon. Puis elles s’attaquent aux tâches ménagères et prennent soin des plus jeunes. Un an après leur puberté, leurs familles se mettent en quête d’un mari. Une adolescente mariée, c’est une bouche en moins à nourrir » explique Saroj Kumar Barik spécialiste de la question migration d’Aide et Action en Inde.

Priorité aux programmes favorisant l’accès des filles à l’éducation

L’éducation des filles est non seulement présente en filigrane dans l’ensemble des projets menés par Aide et Action mais l’association développe également aujourd’hui des programmes spécifiques pour garantir aux jeunes filles une éducation de qualité, à l’instar des « écoles amies des filles » qu’elle développe en Guinée, pays où les femmes de 25 ans ou plus ont fréquenté l’école en moyenne moins d’un an. L’association se mobilise également contre les mariages précoces, et milite pour l’autonomisation des jeunes filles et le respect de leurs droits fondamentaux. A l’heure où les questions de développement et d’éducation sont discutées sur la scène internationale, où elles apparaissent toutes deux comme des défis que le monde doit relever urgemment, Aide et Action demande à tous les états d’allouer a minima 20% de leurs budgets nationaux à l’éducation et de lever les barrières qui freinent aujourd’hui encore l’accès de toutes à l’éducation de qualité.